Les bienfaits de l’ortie selon la science

par | 9 Juil 2021 | Tisanes, Infusions et maté

bienfaits de l'ortie

L’ortie évoque souvent une “mauvaise herbe” qui pique les petits genoux des intrépides. Pourtant on aurait tord de se fier à la première impression. L’ortie est en effet une plante médicinale très utilisée et aux nombreux bienfaits. Voilà ce que dit la science de ses véritables vertus.

Usages traditionnels de l’ortie piquante

L’ortie dioïque (Urtica dioica) aussi appelée ortie piquante est enregistrée dans la liste des plantes médicinales de la Pharmacopée française. Elle est aussi largement utilisée par la médecine traditionnelle européenne.

L’ortie était autrefois utilisée pour faire cesser une paralysie d’un membre. Son effet congestif provoquait une irritation locale en maintenant le sang dans une partie du corps affectée. Les frictions avec des feuilles d’ortie étaient aussi utilisées contre les douleurs articulaires et les rhumatismes. Ces pratiques sont aujourd’hui abandonnées.

La teneur en vitamines B2, B5, d’acide folique, de silice et de zinc de l’ortie piquante permet de lutter contre les ongles cassants, la chute des cheveux et favorise leur repousse. Le traitement de l’acné est envisageable en raison de l’effet anti-inflammatoire du zinc. Elle est aussi de façon traditionnelle utilisée par voie orale, en teinture homéopathique, contre la varicelle.

L’ortie est aussi traditionnellement utilisée contre l’anémie et le manque d’énergie : c’est un excellent fortifiant général grâce à sa haute teneur en fer, vitamine C et autre minéraux. Selon le naturopathe F. Laurent, la graine d’ortie peut aussi être utilisée contre l’énurésie, c’est-à-dire les fuites nocturnes des enfants. Elle se consomme alors sous forme de gâteaux.

Usages modernes de l’ortie

De nos jours, l’ortie est une plante largement utilisée par l’industrie pharmaceutique. Elle rentre dans la composition de nombreux médicaments allopathiques ou homéopathiques. Les études scientifique ne sont pas au bout de leur découvertes. De nombreux usages traditionnels sont confirmés par les analyses.

Les recherches scientifiques sur l’ortie semblent valider son effet diurétique ainsi que son utilité dans le traitement de l’hypertrophie prostatique bénigne. Par contre, elle n’a pas encore prouvé d’effet particulier dans la gestion de la douleur.

En phytothérapie, elle est utilisée pour sa haute valeur nutritionnelle, notamment sa richesse en fer et en silice aux vertus reminéralisantes, exploitées en cas de fractures, d’ostéoporose, de tendinites ou d’entorses.

Elle s’emploie aussi pour soulager de nombreuses affections de la peau : acné, psoriasis ou eczéma.

Les bienfaits de l’ortie validés scientifiquement

Douleurs articulaires 

Des études (1) (2) portent à croire que les feuilles fraîches d’orties ont un effet bénéfique sur les douleurs articulaires en application externe. Les résultats de ces études ont montré une réduction statistiquement significative de la douleur et du degré d’incapacité. L’effet analgésique a été corroboré par l’évaluation de paramètres complémentaires tels que la prise d’antalgiques ou la qualité du sommeil.

Arthrite et rhumatismes

Plusieurs études de surveillance réalisées sur des patients souffrant d’arthrite ou de rhumatismes et utilisant une préparation d’extrait séché de feuilles d’ortie. Résultats : plus de 80% des patients notent l’efficacité de l’extrait. Une autre étude clinique (3) a également constaté que l’administration de feuilles d’ortie serait susceptible de renforcer l’efficacité des anti-inflammatoires utilisés en guise d’anti-rhumatismaux.

Qu’est ce que l’ortie dïoique ?

feuilles d'ortie

L’ortie commune est une plante herbacée vivace pouvant mesurer jusqu’à un mètre. Elle pousse sur tous les continents des régions tempérées et donc très largement en France métropolitaine. Elle est considérée comme une mauvaise herbe en dépit de ses vertus médicinales.

L’ortie (Urtica dioïca), aussi connue sous le nom de grande ortie, est de la famille des urticacées. L’autre espèce d’ortie existante, l’ortie brûlante (ortica urens), dispose des mêmes propriétés phytothérapeutiques que l’ortie dioïque.

L’Ortie est appelée “dioïque” car il y a des pieds mâles et des pieds femelles. Les fleurs, apparaissant de juin à septembre en grappes ramifiées dans la partie supérieure de la plante.

Son effet urticant bien connu et heureusement très passager s’explique par le fait que les feuilles de l’ortie sont couvertes de poils. Chaque poil est un tube de silice. Ce tube se casse au moindre contact. L’extrémité du poil coupe la peau et y dépose un liquide allergisant.

En France, on compte au moins 5 espèces d’ortie piquante. Elles poussent facilement sur des sols à tendance argileuse, riches en azote et en déchets organiques, plutôt humides et bien drainés.

La récolte de la racine et des feuilles d’ortie se fait idéalement au printemps quand les jeunes feuilles ne sont pas encore parasitées ou touchées par la pollution ambiante.

Que faire pour soulager une piqûre d’ortie

Pour soulager les piqûres d’ortie vous pouvez frotter la zone irritée avec de la terre sèche ou des feuilles de menthe. Si vous êtes prévoyant, utilisez un tube de gel à l’aloe vera qui est un excellent moyen pour calmer les brûlures. Le vinaigre est aussi efficace imbibé dans un coton que vous tamponnez sur la zone endolorie.

Notez que l’ortie perd ses propriétés urticantes en séchant et en cuisant. Elle ne pique pas non plus lorsqu’elle est dans l’eau.

Composition des feuilles d’ortie

Les feuilles d’orties contiennent des composés légèrement anti-inflammatoires, des flavonoïdes, des minéraux, de la chlorophylle, des protéines végétales et des vitamines.

Les parties aériennes (feuilles, tiges et fleurs) sont composées :

  • de flavonoïdes (1 à 2 %)
  • de minéraux (plus de 20 %) : calcium, potassium et silicates
  • d’acide caféique
  • scopolétol et sitostérol
  • des lignanes
  • des glycoprotéines, lipides, sucres, acides aminés libres et tanins

Comment utiliser l’ortie ?

infusion d'ortie

L’ortie peut être utilisée dans de nombreuses préparations : infusion, décoction, macération, en cuisine dans des quiches, en pesto ou en soupe… On utilise aussi bien ses feuilles que ses fleurs, ses racines et même ses graines.

L’infusion de feuilles d’orties

Dosage : 1 cuillère à soupe de feuilles par tasse d’eau chaude.

Préparation : Faites bouillir les feuilles d’ortie dans l’eau frémissante pendant 3 à 5 minutes. Laissez ensuite infuser 10 minutes après avoir retiré l’eau du feu. Filtrez.

La décoction de feuilles ou des tiges et racines d’ortie

Dosage : 1 cuillère à soupe de feuilles pour 25 cl d’eau froide

Préparation : laissez bouillir la partie de plante 5 à 30 minutes dans l’eau à ébullition. Sortez la décoction du feu et filtrez.

La macération de feuilles d’ortie

préparation : placez la plante dans un liquide (alcool, vin, huile, vinaigre ou eau) et laissez macérer à froid de quelques heures à plusieurs semaines selon l’effet recherché.

Recette de soupe d’orties

soupe d'ortie

Faire bouillir 250 ml d’eau.
Jeter dans l’eau bouillante 2 poignées de feuilles d’orties jusqu’à blanchissement puis mixer.
Ajouter une échalote qui aura préalablement sué, une gousse d’ail et une petite noix de beurre.

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Références

  • Francine Draghi. L’ortie dioïque (Urtica dioica L.): étude bibliographique. Sciences pharmaceutiques. 2005. ffhal-01733415f
  • Donadieu Yves, Ma pharmacie naturelle, Les meilleures thérapeutiques douces pour votre santé au quotidien, Editions Robert Laffont.
  • Morel Jean-Michel, Traité pratique de phytothérapie, Editions Grancher.
  • (1) RANDALL C. F., et al. NettIe sting of Urtica dioica for joint pain-an exploratory study of this complementary therapy. Complementary Therapies in Medicine, 1999, 1, 126-131
  • (2) RANDALL C. F., et al. Randomized controlled trial of nettle sting for treatment of base-of-thumb pain. J. Royal Soc. Medicine, 2000, 93, 305-309
  • (3) CHRUBASIK S., et al. Evidence for antirheumatic effectiveness of Herba Urticae dioicae III acute arthritis : a pilot study. Phytomedicine, 1997,.1,2,105-108
  • Petit Larousse des plantes médicinales. De Gérard Debuigne et François Couplan. Editions Larousse 2009
  • Du bon usage des plantes qui soignent De Jacques Fleurentin. Editions Ouest-France 2013.

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