Quel est le bilan carbone du thé ?

31 Mai 2023 | Actualité du thé

L’empreinte carbone des français est estimée à 8,9 t de CO2 par personne et par an. Pour limiter le réchauffement climatique, ce bilan doit redescendre à 2 tonnes. Le chemin est donc encore bien long et il va demander des efforts.

Dans cette lutte contre le réchauffement, chaque geste compte. Aussi, on est en droit de se demander si sa tasse de thé du matin a un impact important sur son empreinte carbone.

Quel est l’empreinte carbone d’une tasse de thé ?

En moyenne, et selon le mode de calcul retenu, le bilan carbone d’une tasse de thé varie de 17g à 25g de CO2.
A raison d’une tasse de thé par jour, on obtient donc entre 6,2 Kg et 9,1 Kg de CO2 par an.

A titre de comparaison :

  • un vol aller-retour court-courrier (par exemple, Paris-Londres) rejette environ 250 kg deCO2
  • un voyage en train AR (par exemple, Paris-Marseille) représente environ 30 kg CO2
  • une tablette de chocolat de 100 g correspond à environ 450 gr de CO2.
  • l’utilisation des WC pour nos besoins quotidiens représente environ 8 Kg de CO2 par an…

L’impact du thé semble donc relativement modéré.

Les estimations de l’ingénieur agronome qui a réalisé ce calcul (que nous détaillons ci-dessous) et de la FAO (voir l’étude ici en anglais pour le thé noir du Kenya) varient du simple au décuple selon plusieurs critères comme l’origine du thé, et la façon dont vous le préparez.

⚠️ Dans le pire des cas, une tasse de thé peut représenter jusqu’à 144 g de CO2 !
On obtient donc un rejet de 52,3 Kg de CO2 par an et par buveur.

Comment cette empreinte carbone a-t-elle été calculée ?

Lors de la World Tea Expo à Boston, Nigel Melican, consultant international en culture et transformation du thé, a exposé le bilan carbone du thé en prenant en compte toutes les étapes de sa production.

Cela inclut la consommation d’énergie par les producteurs de thé, l’utilisation d’engrais dans les plantations, l’impact de la préparation de l’eau chaude par les consommateurs, et même l’impact environnemental des sachets de thé jetés à la poubelle.

Les chiffres sont donc le fruit du travail d’un spécialiste et peut donc être sujet à caution.
Ils ont toutefois le mérite de nous donner un ordre d’idée et des pistes pour améliorer le bilan carbone de notre boisson favorite.

Culture et récolte du thé

Selon Nigel Melican, de grandes disparités existent selon le pays des producteurs de thé.

Selon ses chiffres, les producteurs au Kenya utilisent en moyenne 150 kg d’engrais azotés par hectare, tandis qu’au Japon, la quantité moyenne atteint 1 100 kg/ha.

Les résultats en terme d’impact sur la production du thé se traduisent par les chiffres suivants :

  • une tasse de thé du Kenya émet en moyenne 1,4 g de CO2 dans votre tasse.
  • une tasse de thé du Japon émet en moyenne 5,6 g de CO2 dans votre tasse.

On pourrait penser que la culture BIO permet de réduire l’empreinte carbone. En fait pas forcément selon Nigel Melican. Si le producteur utilise du fumier animal, sa décomposition entraînera également le rejet d’oxyde nitreux dans l’atmosphère. D’un point de vue biochimique, le résultat serait similaire.

Cependant, le spécialiste souligne que l’impact carbone du thé BIO dépend de l’origine du thé. Par exemple, un producteur japonais de thé biologique aura un bilan carbone nettement meilleur qu’un producteur japonais qui utilise d’importantes quantités d’engrais azotés de synthèse. Cependant, la différence sera minime dans les pays où l’utilisation d’engrais azotés est limitée.

Transformation du thé

Le transformation du thé est l’étape qui consiste à chauffer et à malaxer les feuilles pour en interrompre l’oxydation.

Selon Nigel Melican, lors de la transformation du thé, certaines plantations au Rwanda ont adopté une approche innovante en cultivant des arbres sur place, qui servent de source de carburant pour le séchage du thé et le chauffage des installations. Le bois, une fois bien sec, est brûlé dans des fours efficaces, et la vapeur produite est récupérée comme source d’énergie.

En revanche, au Vietnam, les producteurs utilisent plutôt du charbon et l’utilisent de manière sous-optimale.

Ces différences dans les méthodes de transformation ont un impact significatif sur le bilan carbone du thé.

Région Bilan carbone (g CO2/tasse)
Vietnam 10,2
Inde (feuilles) 3,3
Inde (sachet) 2,7
Sri Lanka 0,8

A noter : Le bilan carbone a aussi le défaut de se focaliser sur un aspect du problème écologique. Ainsi, le thé produit au Sri Lanka présente un bilan carbone favorable, mais son empreinte écologique est en réalité moins positive qu’il n’y paraît. En effet, dans ce pays, la transformation du thé s’effectue principalement en brûlant de l’hévéa. Cette combustion génère d’importantes quantités de sulfure, qui est l’une des principales causes des pluies acides.

Transport du thé

Le thé est produit à l’autre bout du monde. Il parcourt donc de grandes distances pour arriver jusqu’à nos tasses. Ce chemin implique l’utilisation de camions, de bateaux et éventuellement d’avions.

Le tableau ci-dessous présente le bilan carbone de la distribution d’une tasse de thé, en prenant également en compte l’impact de son emballage, qui représente 65% du bilan carbone de cette étape :

  • Camion + bateau : 1,9 g de CO2
  • Camion + avion : 4,8 g de CO2

Préparation du thé

Lorsque nous arrivons enfin à savourer une tasse de thé après une dure journée de labeur, le bilan carbone n’est pas au bout de sa croissance

Les chiffres ci-dessous tiennent compte du bilan carbone de la production et du chauffage de l’eau, du lavage de la tasse, ainsi que de la présence de déchets tels que le thé infusé et l’emballage, des déchets qui sont ensuite incinérés et qui produisent donc encore du CO2.

A noter : l’enfouissement génère du dioxyde de carbone mais aussi du méthane, qui produit 25 fois plus de gaz à effet de serre que le CO2. Lire aussi : utiliser des sachets de thé : est-une une bonne idée ?

Dans son étude, Nigel Melican se base sur les données anglaises. Le mix énergétique français étant différent avec plus d’électricité d’origine nucléaire donc à bas carbone, il est probable que le bilan carbone de l’utilisation de la bouilloire électrique soit environ 5 fois meilleur en France (voir détail ci-dessous).

Bilan carbone de la préparation du thé :

– Eau du robinet + bouilloire électrique : 7 g de CO2/tasse
– Eau embouteillée + bouilloire électrique : 27 g de CO2/tasse
– Eau du robinet + bouilloire sur cuisinière au gaz : 16 g de CO2/tasse

Bilan carbone du traitement des déchets (thé + emballages) :

– Déchets (CO2 + méthane) : 9,6 g de CO2/tasse

Le théier emprisonne aussi du CO2

Le théier, tout comme les autres arbres, joue un rôle important dans la captation du dioxyde de carbone (CO2). En effet, chaque année, un théier retient environ 2,6 kg de carbone, principalement dans ses branches et ses racines.

Étant donné que la durée de vie moyenne d’un théier est d’environ 80 ans, cela se traduit par un bilan carbone d’environ 2500 tonnes par hectare de plantation.

En fin de compte, grâce au théier, environ 31 g de CO2 sont « emprisonnés » pour chaque tasse de thé consommée.

Bilan carbone du thé selon 3 scénarios

Bilan carbone
(g de CO2 par tasse de thé)
Très élevé
(médiocre)
Typique Très bas
(bon)
Culture et récolte 5,6 2,5 1,4
Transformation 10,2 3,3 0,8
Transport 1,9 2,3 0,6
Emballage 10 2,3 1,3
Vente au détail 0,3 0,3 0,3
Préparation par le consommateur 142 27 7
Traitement des déchets 9,6 9,6 4
Théier -30,3 -30,3 -30,3
Total par tasse de thé 143,7 17 -14,9

Autres boissons avec leur bilan carbone (en grammes de CO2 par 250 ml) :

  • Bière américaine: 374 g
  • Jus d’orange réfrigéré: 360 g
  • Lait de vache: 352 g
  • Coca-Cola (canette en aluminium): 129 g
  • Eau embouteillée: 94 g
  • Café filtre : 32 g
  • Eau du robinet : 0,3 g
  • Jus de pomme pressé : 29 g
  • Bière artisanale locale : 89 g
  • Infusion de camomille origine france : 2 g

Source : https://impactco2.fr/boisson

Comment réduire l’impact carbone de sa tasse de thé ?

Pour réduire la bilan carbone, vous pouvez prendre les mesures ci-dessous :

1- Préférer un thé BIO ou produit sans pesticides ni engrais de synthèse
2- Opter pour un marque éco-responsable avec une démarche volontariste en matière de gestion des déchets
3- Acheter en vrac pour réduire les emballages
4- Ne faire bouillir que la quantité d’eau nécessaire pour sa tasse
5- Composter son thé pour en faire de l’engrais

Notes sur le mix énergétique français

Selon les données de l’ADEME, l’électricité en France émet en moyenne environ 40 grammes de CO2 par kilowatt-heure (g CO2/kWh). Si une bouilloire électrique consomme en moyenne 0,1 kWh pour faire bouillir 1 litre d’eau, alors le bilan carbone de la bouilloire électrique en France serait d’environ 4 g de CO2 par litre d’eau bouillie.

En Angleterre, la production d’électricité repose davantage sur des combustibles fossiles. Le bilan carbone moyen de l’électricité est d’environ 200 g CO2/kWh. En utilisant la même estimation de consommation de 0,1 kWh pour faire bouillir 1 litre d’eau, le bilan carbone d’une bouilloire électrique en Angleterre serait d’environ 20 g de CO2 par litre d’eau bouillie.

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