machine coupe théEncore aujourd’hui, le thé est très largement récolté à la main. Cependant, les techniques de récolte mécaniques sont étudiées depuis que l’industrie du thé existe. La première référence d’une machine pour récolter le thé date de 1887 avec la « Swinburn Cropper » dans la région de Assam. On trouve également des modèles de machine à récolter le thé au Japon dès 1900.

Le but bien sûr : faire baisser le coût de main d’oeuvre nécessaire pour produire du thé.
70% des employés et 30% du coût d’exploitation d’une plantation de thé sont dévolus à la cueillette.

Au Japon, c’est presque l’intégralité du thé qui est ainsi récolté. En Afrique, en Chine, en Inde, les techniques manuelles prédominent. Mais certains pays ou la main d’oeuvre tend à devenir plus chère se mécanisent de plus en plus. C’est notamment le cas au Kenya par exemple ou dans le sud de l’Inde..

Il existe de nombreux modèles de « tea harvester », selon l’intitulé anglais. On peut les séparer en 2 grandes catégories : les machines portées (par une ou deux personnes) et les machines portantes (équivalent à une moissonneuse, avec un conducteur, éventuellement sur des rails).

Une machine à 1 ou 2 porteurs, du type T1000 qui rencontre un beau succès, permet de récolter l’équivalent de 1 hectare de thé par heure.

Exemple de machine à 2 porteurs, au Japon:

machine théLe procès fait aux machines basiques telles qu’on pouvait les trouver jusqu’au début des années 90 n’était pas entièrement faux. Elles coupaient tout, sans trop se soucier de la qualité de la feuille ni de sa taille. Néanmoins, depuis lors, de gros progrès ont été réalisés. Les meilleures machines sont maintenant équipée de visées laser qui vont pointer chaque feuilles et décider en quelques fraction de seconde si oui ou non elle doit être coupée et à quelle hauteur.. et ceci plusieurs centaines de fois par minutes.

Avantages de la mécanisation :
– un coût moins élevé par Kg de thé produit
– une densité de théiers plus élevée par hectare : il est possible de planter 15% de théiers en plus car l’espace nécessaire entre 2 travées est moins important pour une machine que pour des cueilleurs.
– une meilleure spécialisation du travail et une plus grande valeur ajoutée (réparation, entretien des machines) qui offre de meilleurs salaires aux ouvriers.

Inconvénients de la mécanisation de la culture du thé :
– une moins bonne sélectivité des feuilles, surtout au début quand la table de coupe n’est pas aplanie.
– pollution (modérée tout de même)
– impact social, très fort hélas.

Le débat sur l’utilisation de machines est ouvert.. et très vif dans certaines régions du monde, surtout en Afrique et en Inde. Là où une machine semble légitime pour produire du thé de qualité médiocre (type CTC, en sachet), son usage est plus problématique dans le cas de bons voire de grands thés. Le japon s’en sort haut-la-main au prix de machines extrêmement perfectionnées hors  de prix pour des pays moins développés.

Exemple de machine perfectionnée au Japon :

Dans le sud de l’Inde, de nombreux cueilleurs de thé quittent les plantations pour trouver du travail en ville, mieux payé et parfois moins dur.  Les producteur se retrouvent sans main d’oeuvre et n’ont pas d’autre choix que de devoir recourir aux machines pour récolter leur feuilles de thé.

Crédit photo :
Akupa

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