Thé de Ceylan et Sri Lanka : tout savoir sur un produit d’exception

4 Août 2015 | Autres thés d'Asie

Le Sri Lanka – aussi connue sous le nom de Ceylan – c’est une ile magnifique de 65.000 Km2 de superficie, un pays tropical dont les régions d’altitudes sont néanmoins fraîches. Parfait pour un thé de qualité. Et en contre-bas des vallées luxuriantes, un autre trésor existe : la cannelle de Ceylan dont les plantations existent depuis l’ère hollandaise en 1769.

Brève histoire du thé de Ceylan

Les premières graines et boutures de thé du Sri Lanka sont importées de Chine en 1824 et d’Assam en 1839. La culture commerciale du thé commence doucement en 1870 pour remplacer les caféiers détruits par une épidémie parasitaire de Hemileia vastratix. Le cacao est lui aussi dévasté par un insecte. Autant dire que le thé est une bénédiction pour la population du Sri Lanka.

L’écossais James Taylor lance les hostilités. Il établit la première plantation commerciale en 1867 à Loolecondera dans le district de Kandy, à peine 8 Km2. Il lui faudra attendre 1872 pour qu’il enregistre sa première vente de thé et 1873 pour que sa première livraison de 10 Kg arrive à Londres. Vous avez dit opiniâtre ?

Plus tard en 1890, James Taylor rencontre un certain Thomas Lipton avec qui il fait affaire. Thomas Lipton a fait fortune au Royaume-Uni en développant une chaine d’épiceries (plus de 300 échoppes). Il a l’intuition géniale que le thé va devenir un produit de grande consommation. Il décide de supprimer les intermédiaires – ce qui est sa stratégie pour de nombreux autres produits – en achetant directement le thé sur place.

Le développement massif de la culture du thé au Sri Lanka est lié à 2 innovations techniques majeures. On parle des prémisses de la mécanisation :
– la chambre de séchage « Sirocco » de Samuel Davidson en 1877
– la machine à rouler de John Walker en 1880

S’en suit la fabrication de la première usine de production totalement intégrée en 1884 dans le jardin de Fairyland à Nuwara Eliya.

Les producteurs ne tardent pas à s’organiser sous la férule de la Ceylon Planters Association, toujours en activité aujourd’hui. La construction de routes et de voies ferrées est le résultat direct de leur lobbying. Le thé a littéralement façonné le pays en le forçant à s’ouvrir sur l’extérieur.

En 1934, une loi interdit l’export de thé de piètre qualité, signe évident d’une volonté farouche de produire un thé de qualité.

Les anglais font venir d’Inde des Tamouls pour travailler dans leurs exploitations. Ce processus avait en fait déjà commencé pour l’exploitation du café. Aujourd’hui, ce sont leurs descendants qui sont aux commandes.

En 1972, l’ile change de nom pour devenir le Sri Lanka mais l’appellation Ceylan (Ceylon en anglais) demeure en tant que marque de réputation mondiale. Néanmoins, l’ensemble des plantations sont nationalisées. La quantité prime sur la qualité. Heureusement, les autorités font marche arrière 20 ans plus tard avec la re-privatisation et un retour à la qualité. L’appellation Thé de Ceylan est restée du nom de la colonie anglaise annexée en 1802 par les sujets de Sa Majesté.

Le cueillette du thé du Sri Lanka est réalisée exclusivement par des femmes. L’âge minimum légal pour travailler est de 12 ans. 20 kilos de feuilles récoltées s’échangent contre 3 à 5 dollars. Suivront une dizaines d’heures de flétrissage puis le roulage pendant 3 heures et enfin le séchage pendant 20 minutes à 110 °C.

Hélas, les conditions de travail des employés des plantations sont loin de s’améliorer avec le temps. Le taux de pauvreté des travailleurs a même tendance à augmenter. Il est passé de 22% à 34% sur le district de Nuwara Eliya de 2002 à 2007. Pourtant, la production de thé dépend étroitement de leur force de travail, le Sri Lanka restant un pays ou la cueillette mécanisée n’a pas supplanté la cueillette manuelle.

En 2013, 340.000 tonnes de thé ont été produites, et exportées à 95%. La France en importe 870 tonnes. La Russie 45.000 tonnes. 10% des emplois du pays en dépendent. Un revenu de 700 millions de dollars annuels réparti entre 700 centres de production.

Les 7 régions de production de thé du Sri Lanka

Le thé du Sri Lanka est mondialement reconnu pour sa qualité supérieure et sa diversité. La petite île est une véritable palette de saveurs et d’arômes, offrant du thé provenant de sept régions distinctes.

Nuwara Eliya

Nuwara Eliya se distingue comme étant le joyau de la couronne du thé cingalais. Perchée à une altitude de 2000 mètres, cette région est souvent considérée comme produisant le meilleur thé du Sri Lanka. La récolte s’étend de février à avril, une période où les conditions climatiques sont optimales. Non seulement le thé est de haute qualité, mais l’environnement est aussi époustouflant. La région a même hérité du surnom de « Little England » en raison de son architecture victorienne, son golf et ses fameuses cabines téléphoniques rouges.

Mon conseil : si vous décidez de visiter, pensez à prendre le train jusqu’à la gare de Nanuoya : le trajet vous offre des panoramas à couper le souffle. Pour une expérience immersive, ne manquez pas de visiter l’usine Macwoods Labookellie, ouverte de 8h à 18h et facilement accessible depuis l’A5.

Dimbula

Dimbula est une autre région d’altitude élevée, avec des plantations de thé situées entre 1200 et 1700 mètres. La saison de récolte est généralement de janvier à mi-mars, durant la mousson. Le climat ici confère aux feuilles de thé des nuances riches et complexes, bien équilibrées en termes de corps et d’arômes.

Uva

Uva se trouve à une altitude variant de 1000 à 1700 mètres. Les thés provenant de cette région sont souvent utilisés dans des mélanges de haute qualité. La saison de récolte va de juin à septembre. Les thés d’Uva sont généralement moins corsés que ceux de certaines autres régions, mais ne manquent pas de caractère.

Si le thé de Ceylan est majoritairement du thé noir, il existe également du thé vert produit dans la province de Uva. Il emprunte la classification chinoise. On trouve ainsi du Gunpowder ou du Chun Mee. La demande mondiale pour le thé vert augmentant, il est probable que le pays fasse tout pour réponde à la demande. On y trouve aussi du thé blanc du jardin Handunugoda.

Uda Pussellawa

Uda Pussellawa est une région moins connue, située à environ 1200 mètres d’altitude. Les thés ici sont généralement plus délicats et peuvent varier en goût selon les conditions météorologiques.

Kandy

Kandy est la région où les premières plantations de thé ont été établies au Sri Lanka. Située à une altitude de 650 à 1300 mètres, cette région exporte une grande partie de sa production vers l’Europe, notamment la France, ainsi qu’en Australie.

Ruhuna

Ruhuna offre des thés à basses altitudes, cultivés entre 0 et 600 mètres. Ces thés sont principalement exportés vers les pays du Moyen-Orient. Le climat chaud et humide donne des thés robustes et corsés.

Sabaragamuwa

Sabaragamuwa, la septième région, n’est pas à négliger. Cette région est connue pour ses feuilles de thé larges, qui donnent un breuvage aux arômes uniques.

Un thé classé en grades

Comme pour l’Inde, les plantations sont organisées en jardins dont le nom est précisé si il ne s’agit pas d’un mélange. La plupart des cueillettes sont de grade Orange Pekoe.

Pour terminer cet article en beauté, je vous propose quelques photos de plantations de thé dans le centre sud du Sri Lanka, vers Nurawa Eliya. Certaines sont prises directement depuis le train qui traverse de nombreuses plantations de thés middle grown.

Sri Lanka 2013

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