Tout savoir sur le rooibos

Le rooibos, de la plante à la tasse

Champs de rooibos
Au sommaire

Le rooibos est une plante endémique d’Afrique du Sud, cultivée dans les montagnes du Cederberg. De la graine à l’infusion, sa fabrication mêle terroir, feu et savoir-faire. Découvrez son histoire, la protection de son nom et ce qui le distingue du thé et du honeybush.

Une plante du fynbos, née du feu

Avant d’être une boisson à faire infuser, le rooibos est une plante endémique de l’Afrique du Sud, c’est-à-dire qu’elle ne pousse que dans ce pays et dans une région spécifique. Aspalathus linearis est un arbuste de la famille des Fabacées, aux feuilles fines en forme d’aiguilles et aux petites fleurs jaunes pollinisées par des abeilles. Il fait partie du fynbos, le « buisson fin » en afrikaans, une végétation arbustive dense et très diversifiée.

Dans la nature, il existe des formes de rooibos qui meurent lors des feux de brousse et repoussent de leurs graines, et d’autres qui survivent au feu et repartent de leur souche. Ses graines minuscules, à l’enveloppe épaisse, germent après une forte chaleur ou un feu. Sa racine pivotante, très profonde, lui permet de résister à la sécheresse. Cette adaptation au feu explique en partie son ancrage dans le fynbos.

Le terroir : les montagnes du Cederberg

Le rooibos ne pousse que sur les sols sableux et acides des montagnes du Cederberg, au nord du Cap, autour de villes comme Clanwilliam, Citrusdal ou Wupperthal. Les essais de culture ailleurs dans le monde n’ont pas abouti. La zone de culture forme une bande d’environ 300 km du nord au sud, de Nieuwoudtville à Malmesbury, autour de Clanwilliam et de Citrusdal. Le climat y est méditerranéen et sec, avec des pluies d’hiver.

Ce terroir particulier, composé de sols pauvres et de pluies hivernales, contribue au caractère du rooibos. Les producteurs de la région perpétuent des gestes qui se sont construits autour de ces contraintes naturelles.

De la graine au champ

Dans la vie, beaucoup de choses démarrent à partir d’une petite graine. Le rooibos n’y fait pas exception. Les graines sont récoltées en tamisant le sable au pied des plants, puis scarifiées pour pouvoir germer. On sème en pépinière, puis on repique les jeunes plants aux champs pendant les pluies d’hiver, en juillet-août dans l’hémisphère Sud.

La première récolte a lieu la deuxième année ; la pleine production vient vers la quatrième ou la cinquième année. La récolte se déroule pendant l’été austral, de janvier à mars environ : on coupe les tiges et leurs feuilles. Cette étape délicate conditionne la réussite de la culture.

Au « tea court » : coupe, oxydation, séchage

Si le rooibos est délicieux à déguster, c’est parce qu’il est le fruit d’un processus de fabrication complexe qui compte de nombreuses étapes intermédiaires. De la plantation des jeunes plants, leur récolte au bon moment, leur transport, leur oxydation et leur emballage, chaque étape compte. Au « tea court », l’aire de transformation, les tiges coupées sont liées en gerbes, apportées rapidement et coupées à la machine en brins de quelques millimètres.

Les brins sont humidifiés, meurtris et mis en tas pour la nuit. Leur couleur passe du vert à l’orangé puis au rouge profond. Cette oxydation, souvent appelée fermentation, donne au rooibos rouge sa couleur rousse et ses notes de noisette et de miel. Les feuilles sèchent ensuite étalées au soleil, sont triées et tamisées, puis passées à la vapeur avant l’emballage.

  • Coupe en brins de quelques millimètres
  • Humidification et meurtrissage
  • Oxydation en tas pendant la nuit
  • Séchage au soleil, tri et passage à la vapeur
Croquis des étapes de fabrication du rooibos

Rouge ou vert

Le rooibos rouge suit cette oxydation complète ; c’est lui que l’on trouve le plus souvent en vrac ou en sachet. Il développe un goût proche de la noisette et de la châtaigne. Même en cas d’infusion prolongée, il ne dégage pas d’acidité ou d’astringence particulièrement marquée. C’est une boisson douce et ronde en bouche. Notre Rooibos nature en est l’expression la plus simple.

Le rooibos vert est issu de la même plante, mais séché rapidement sans oxydation. Son infusion jaune doré, plus légère, offre un goût plus proche de la prune de Cythère, avec des notes végétales.

Une histoire liée à celle de l’Afrique du Sud

Très populaire de nos jours, le rooibos est longtemps resté un produit discret, apprécié de quelques amateurs éclairés. Son histoire fut toutefois intimement liée à celle, ô combien complexe, de l’Afrique du Sud. Les peuples khoïkhoï et san de la région infusaient déjà les feuilles du rooibos sauvage bien avant son commerce.

Au début du XXe siècle, Benjamin Ginsberg, un négociant d’origine russe installé en Afrique du Sud, commence à le commercialiser sous le nom de « thé des montagnes ». Dans les années 1930, le médecin Pieter Le Fras Nortier réussit à le cultiver. La filière s’organise ensuite autour de Clanwilliam, où une coopérative de producteurs est créée en 1948.

La pénurie de thé pendant la Seconde Guerre mondiale donne un élan à sa production. Un organisme d’État, le Rooibos Tea Control Board, organise sa commercialisation à partir de 1954. Après la fin de l’apartheid, la filière s’ouvre ; des coopératives de petits producteurs se créent à Wupperthal, ancienne mission fondée en 1830 dans le Cederberg, et sur le plateau du Heiveld, près de Nieuwoudtville, avec des rooibos biologiques et équitables.

Un nom protégé depuis 2021

Depuis 2021, le nom « rooibos » est protégé dans l’Union européenne par une appellation d’origine protégée. Un rooibos vient forcément de cette région d’Afrique du Sud. Cette protection souligne « les qualités spécifiques du rooibos liées à des facteurs géographiques locaux, le sol, le climat, ainsi qu’à des facteurs humains, techniques de production, gestes, savoir-faire. C’est donc la notion de terroir qui est en jeu. »

Cette protection n’a pas toujours existé : une société américaine avait déposé le mot « Rooibos » comme marque aux États-Unis dans les années 1990, avant que cette marque ne soit annulée. Comme le dit notre fondateur : « J’imagine la tête des producteurs français si un industriel aux États-Unis se mettait à fabriquer du Comté… » Cette décision a renforcé la reconnaissance du rooibos comme produit de terroir.

Ni thé, ni honeybush

Le rooibos n’est pas un thé : on ne l’obtient pas à partir du théier. On l’appelle parfois « thé rouge » par abus de langage. Il ne contient naturellement ni théine ni caféine, et très peu de tanins, ce qui explique qu’il ne devienne pas amer. Il se boit ainsi à toute heure.

Le honeybush est un cousin sud-africain, d’un autre genre botanique (Cyclopia), au goût plus miellé. Notre page dédiée compare les deux plantes en détail.

Notre rooibos : de l’Afrique du Sud à nos parfums

Au Paradis du Thé, notre rooibos vient d’Afrique du Sud et nous l’achetons auprès d’un grossiste. Les pays occidentaux, la France, l’Allemagne, l’Angleterre et les États-Unis principalement, ajoutent une étape supplémentaire qui consiste à ajouter des arômes et des parfums divers, afin de créer un produit final au goût original, à base d’épices, de fleurs et bien d’autres ingrédients.

Nous créons nous-mêmes nos rooibos parfumés, des associations d’ingrédients originales qu’on trouve rarement ailleurs, en jouant sur son goût de noisette qui se marie aux saveurs gourmandes et fruitées. Pour les découvrir, parcourez notre rayon rooibos. Et pour réussir l’infusion, consultez notre page Bien préparer son rooibos.

Les produits cités dans ce guide

Rooibos nature

6,25 € les 100 g

Ajouter au panier

Les fiches de ce guide

5 % de remise sur votre première commande

Chaque trimestre, une promotion exclusive réservée aux abonnés. Pas de spam.